Très absente de ce blog ces derniers temps, je profite de mes vacances à Paris (promis, quelques posts parisiens, à suivre) pour poster ce petit texte en retard.

Deux fois par semaine, je passe rua Bambina à Botafogo, devant cette maison intrigante et fantômatique. Je ne peux m’empêcher de penser à Angkor (toutes proportions gardées bien sûr), à la force de la nature qui reprend ses droits… J’aimerais en savoir un peu plus sur cette maison, et surtout connaître son destin futur, car ici, la tendance est plutôt à détruire pour construire un condominium grand luxe de 10 etages avec spa et cave à vin, que de préserver le patrimoine historique et architectural.

En prospectant, j’ai donc appris que la maison du n°40 rua Bambina a appartenu à la famille de l’ancien président du Brésil, Fernando Henrique Cardoso (FHC pour les intimes). FHC y a passé ses premières années. Luiz Carlos Prestes (autre homme politique brésilien) en a été également le propriétaire. En faisant mes petites recherches avec mon ami Google, je suis tombée sur un sympathique article d’un blog parlant de cette maison, uniquement en portugais malheureusement pour mes amis francophones.

Si l’on réfléchit bien, elle n’est pas très jolie cette maison, mais avec son arbre elle me semble un symbole de résistance au temps, aux agressions urbaines et humaines (on a même coupé les branches à ras, histoire de voir si l’arbre allait mourir et la maison s’écrouler), et j’espère que ce couple improbable résistera et persistera encore longtemps.

L’autre jour, j’avais envie d’un brunch un peu hype entre copines, genre à Leblon ou Gavea, tiens, Casa da Tata par exemple. Je tente ma chance auprès d’Hélène, pas vue depuis des lustres, toujours sur la brèche. Pas de bol, elle a décidé d’aller faire du vélo (elle se “trouve trop grosse”, pfff), mais me propose une “feijoada dans la favela.” Hmm, en ce moment je ne suis pas trop favela, surtout depuis le dernier carton à São Conrado, mais elle me dit que c’est la petite favela tranquilou de Chapeu Mangueira, à Leme (au bout de Copacabana). OK, feijoada, c’est bien aussi.

A 13h, elle déboule dans sa titine un peu cabossée -la conduite de madame est assez sportive- avec dedans un américain, une écossaise et un brasilo-allemand… Nous allons rencontrer un de ses amis, français, dont la compagne Ione -brésilienne- est le bras droit (j’apprendrai plus tard qu’elle est aussi le bras gauche, la tête et les jambes) du président de l’association des habitants de la favela de Chapeu Mangueira. Et retrouver deux autres amis à elle, italiens ceux-là. Je sens que la journée va être polyglotte.

Quelques coups de freins et coups de klaxons (avec jurons bilingues) plus tard nous montons la ruelle qui nous amène au terrain de sport reconverti en salle des fêtes pour l’occasion. Des femmes vendent leur production de gâteaux, broderies, boîtes peintes, il ya déjà la queue pour les boissons et la feijoada. Vamos là! Bernardo, l’ami brésilo-allemand d’Hélène est producteur de cachaça à ses heures perdues et a apporté du ravitaillement, nous goûtons la dorée, vieillie en barriques, très douce, on a presque l’impression de boire de l’eau, puis la blanche plus jeune et plus forte, mais avec la feijoada, hmm un régal!

En fond musical, une roda de samba, des gens dansent d’autres chantent, c’est chouette, simple et bon enfant, ça rappelle un peu les repas de quartier.

Ione nous emmène faire un tour dans la favela, récemment pacifiée.

Ici une place dédiée à Renée Delorme, religieuse française qui a consacré sa vie à améliorer la santé et l’éducation dans certains quartiers défavorisés, comme à Chapeu Mangueira.

Non loin, même si les compteurs électriques sont maintenant modernes, individuels et scellés -pour éviter tout branchement pirate- les égouts continuent d’être à ciel ouvert. Est-ce que les candidats aux prochaines élections d’octobre ont prévu quelquechose??

Le soleil n’est pas au rendez-vous, nous essayons de profiter quand même un peu de la vue. Les favelas de Rio se trouvant sur des collines, on a parfois un panorama qui pourrait faire concurrence à certains points touristiques, ou du moins un point de vue différent de la ville.

La balade en question a eu lieu il y a 2 semaines. Oui, je sais, je ne suis pas très rapide…

Je viens de découvrir que la chanson de Michel Fugain “Fais comme l’oiseau” est d’origine brésilienne (comme pas mal d’autres tubes français d’ailleurs…)
Je ne résiste pas au plaisir régressif de repasser la video, parce c’est vraiment trop kistch!

Et voilà l’original (sans chorégraphie!)

Je vous présente Fleur de Lune.

Oui, je sais, le nom est assez hippie, mais c’est une rareté alors…

Je l’ai depuis trois jours, je suis allée la chercher dans une clinique vétérinaire de Copacabana, où elle attendait depuis sa naissance que quelqu’un vienne la chercher elle et ses frères et soeurs. Ne pouvant pas prendre toute la fratrie, j’ai bien pris mon temps pour choisir mais à vrai dire, c’est elle qui m’a choisie. Elle faisait des pirouettes dans sa cage, un grand numero de charme…
Voilà, elle m’apporte beaucoup de joie, et de sérénité aussi, difficile d’être en colère avec ce petit bout poilu, donc ça me fait beaucoup de bien pour tout le reste (la psy aussi bien sûr), je peux lui donner toute la tendresse que j’ai en rab depuis ma séparation, et elle me le rend bien avec des câlins et des siestes sur mes genoux pendant que je suis devant l’ordi.

Elle est super rigolote, a déjà un caractère affirmé et communique avec force miaulements du haut des ses 2 mois 1/2.

Elle est très active, a déjà repéré les points d’appuis possibles pour prendre de la hauteur, adore le papier (dès son arrivée, elle a fait la fête au panier de magazines).

De temps en temps elle a des airs de vieux sage chinois dans les films de kung fu.

Mais elle aime bien la boxe aussi.

à suivre…

Oui, elle est un peu facile…
Après de nombreuses années à rêver de jouer d’un instrument de musique, je me suis enfin lancée et hier j’ai eu mon premier cours de flûte! Traversière.
(Parce que la flûte à bec, ça rappelle trop les cours de musique à l’école où on faisait la foire sous le regard dépité de la pauvre prof qui essayait de transmettre quelques notions musicales à des ados délurées.)
L’envie s’est concrétisée lorsque mes élèves charmants, Elaine et Augusto, ont commencé des cours de flûte – pour elle – et cavaquinho – pour lui – à l’université Unirio, dont le campus se trouve au pied du pain de Sucre (y a pire comme endroit!). Comme les horaires étaient serrés le samedi, j’ai donc accepté de me déplacer jusqu’à Urca pour leur faire cours entre deux sessions de musique. Et là j’ai découvert l’Escola Portatil de Musica (littéralement l’École de musique portable, ou plutôt École mobile de musique -mais rien à voir avec les telecoms, hein -), une fourmilière de musiciens débutants ou confirmés, de tous âges… s’entraînant dans la cours de la fac en attendant l’heure du bandão (le grand orchestre) qui réunit tous les élèves et professeurs pour une jam session en plein air, sous un grand arbre qui semble avoir poussé là spécialement dans le but d’abriter les musiciens.
Spécialité : les musiques classiques et populaires brésiliennes, choro, maxixe, valsa,…
L’ambiance est tellement chouette que ça donne envie d’attraper un tambourin ou une guitare et de s’y mettre aussi.
Via Elaine, j’ai eu les coordonnées d’une des étudiantes qui donne aussi des cours. Bon, j’ai la prof, j’ai l’argent (les cours de français marchent bien en ce moment, croisons les doigts). Manquait l’essentiel : la flûte!
La semaine dernière, je papote avec un autre couple d’élèves (leçon N°9, les loisirs : “Et vous, vous faites quoi pendant vos loisirs? Du bricolage? Est-ce que vous allez au cinéma? Au théatre? Est-ce que vous jouez d’un instrument de musique?…) Ils me disent que leur fils a pris des cours de flûte mais a arrêté il y a un moment. Et là je leur raconte que je vais commencer, que j’ai pris contact avec une prof, etc… Et ils me demandent : -Mais tu as déjá une flûte? Et moi : -Ben, non! – Si tu veux, on peut te prêter celle de Lucas, il ne s’en sert pas, en attendant d’en acheter une, plus tard…
Et voilà! J’ai la prof, j’ai l’argent et j’ai une flûte! Ya plus qu’à!
Donc hier, 14 juillet, au lieu de me planter devant le défilé en Sarkoland à la télé, je suis allée faire des exercices de respiration, reconnaître les symboles pour les notes et les mesures, et j’ai appris à souffler dans le tuyau…

Ce matin j’ai des courbatures dans les abdos…Ya du boulot!!

Une amie m’a envoyé ce texte ce matin. Je vais chercher la traduction en français. En attendant, pour les lusophones et les lusophiles…

PALCO DA VIDA
Você pode ter defeitos, viver ansioso e ficar irritado algumas vezes, mas não se esqueça de que sua vida é a maior empresa do mundo. E você pode evitar que ela vá à falência.
Há muitas pessoas que precisam, admiram e torcem por você. Gostaria que você sempre se lembrasse de que ser feliz não é ter um céu sem tempestade, caminhos sem acidentes, trabalhos sem fadigas, relacionamentos sem desilusões.
Ser feliz é encontrar força no perdão, esperança nas batalhas, segurança no palco do medo, amor nos desencontros.
Ser feliz não é apenas valorizar o sorriso, mas refletir sobre a tristeza. Não é apenas comemorar o sucesso, mas aprender lições nos fracassos. Não é apenas ter júbilo nos aplausos, mas encontrar alegria no anonimato.
Ser feliz é reconhecer que vale a pena viver, apesar de todos os desafios, incompreensões e períodos de crise.
Ser feliz é deixar de ser vítima dos problemas e se tornar um autor da própria história. É atravessar desertos fora de si, mas ser capaz de encontrar um oásis no recôndito da sua alma.
Ser feliz é não ter medo dos próprios sentimentos. É saber falar de si mesmo. É ter coragem para ouvir um “não”. É ter segurança para receber uma crítica, mesmo que injusta.
Ser feliz é deixar viver a criança livre, alegre e simples, que mora dentro de cada um de nós. É ter maturidade para falar “eu errei”. É ter ousadia para dizer “me perdoe”. É ter sensibilidade para expressar “eu preciso de você”. É ter capacidade de dizer “eu te amo”. É ter humildade da receptividade.
Desejo que a vida se torne um canteiro de oportunidades para você ser feliz… E, quando você errar o caminho, recomece, pois assim você descobrirá que ser feliz não é ter uma vida perfeita, mas usar as lágrimas para irrigar a tolerância.
Usar as perdas para refinar a paciência.
Usar as falhas para lapidar o prazer.
Usar os obstáculos para abrir as janelas da inteligência.
Jamais desista de si mesmo.
Jamais desista das pessoas que você ama.
Jamais desista de ser feliz, pois a vida é um espetáculo imperdível, ainda que se apresentem dezenas de fatores a demonstrarem o contrário.
Pedras no caminho? Guardo todas… Um dia vou construir um castelo!

Fernando Pessoa

J’suis là!

Et oui! Promis Zaida, je vais soutenir l’Espagne!

Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent bien que le foot ne m’excite guère.
Habitant au Brésil depuis quelques années maintenant, j’ai déjà vécu une coupe du monde ici – en 2006 – qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable – à part le coup de boule de Zizou et le bordel en bas de chez moi, vu qu’à l’époque j’habitais au coin de l’un des “spots” de la fiesta footeuse (juste les jours où le Brésil jouait, mais ça suffisait) – il paraît que cette année c’est pire, mais je m’en fiche, héhéhé, j’habite plus là! Celui qui se cogne le churrasco les veilles de match et le concert de funk carioca post-match c’est mon cher Mario. Enfin, maintenant c’est plus calme vu que le Brésil a été éliminé. Bref, cette année, l’âge aidant, ou faute d ‘alternative, ou tout simplement histoire de rentrer dans l’ambiance, eh bien je me suis mise à m’intéresser au foot. Ben ouais. Ça vous scie, hein? Le Mundial au Brésil, c’est comme le nouvel an, tu peux choisir de ne pas le fêter, mais quand tu as tous tes voisins qui font la bringue autour de toi, ben, autant y aller!

Et qui l’aurait cru? Je me suis prise au jeu. Je suis allée soutenir la seleção chez mes potes avec mon t-shirt jaune Brésil, je me suis émue du mauvais exemple montré par les bleus – même si “vai tomar no cul filho da puta” est une expression assez courante ici, surtout pendant les matchs – puis après la raclée que se sont pris les brazious, je me suis cherché une autre équipe à soutenir…dans l’ordre, Ghana, Allemagne/Argentine (pas pu choisir, Maradona me fait trop marrer), puis Paraguay (!). J’ai poussé le vice jusqu’à aller assister aux deux derniers matchs à Copacabana, au Fifa Fan Fest, où l’ambiance est assez sympa finalement (si l’on fait abstraction du matraquage publicitaire des sponsors), bon enfant et familiale.

Bon, ça ne veut pas dire que je vais passer tous mes dimanches au Maracanã, tout de même!

En balade hier dans le centre, je trouve de la poésie dans la lumière du crépuscule sur Central do Brasil, tandis que Petrobras met ses bureaux à l’heure du Mundial…au couleurs de l’équipe nationale!

Attention, rareté! La plage est vide. On est dimanche, il est 10h30 du matin (pas de match!).

Il fait 17°C…
Glagla.

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