L’autre jour, j’avais envie d’un brunch un peu hype entre copines, genre à Leblon ou Gavea, tiens, Casa da Tata par exemple. Je tente ma chance auprès d’Hélène, pas vue depuis des lustres, toujours sur la brèche. Pas de bol, elle a décidé d’aller faire du vélo (elle se “trouve trop grosse”, pfff), mais me propose une “feijoada dans la favela.” Hmm, en ce moment je ne suis pas trop favela, surtout depuis le dernier carton à São Conrado, mais elle me dit que c’est la petite favela tranquilou de Chapeu Mangueira, à Leme (au bout de Copacabana). OK, feijoada, c’est bien aussi.
A 13h, elle déboule dans sa titine un peu cabossée -la conduite de madame est assez sportive- avec dedans un américain, une écossaise et un brasilo-allemand… Nous allons rencontrer un de ses amis, français, dont la compagne Ione -brésilienne- est le bras droit (j’apprendrai plus tard qu’elle est aussi le bras gauche, la tête et les jambes) du président de l’association des habitants de la favela de Chapeu Mangueira. Et retrouver deux autres amis à elle, italiens ceux-là. Je sens que la journée va être polyglotte.
Quelques coups de freins et coups de klaxons (avec jurons bilingues) plus tard nous montons la ruelle qui nous amène au terrain de sport reconverti en salle des fêtes pour l’occasion. Des femmes vendent leur production de gâteaux, broderies, boîtes peintes, il ya déjà la queue pour les boissons et la feijoada. Vamos là! Bernardo, l’ami brésilo-allemand d’Hélène est producteur de cachaça à ses heures perdues et a apporté du ravitaillement, nous goûtons la dorée, vieillie en barriques, très douce, on a presque l’impression de boire de l’eau, puis la blanche plus jeune et plus forte, mais avec la feijoada, hmm un régal!
En fond musical, une roda de samba, des gens dansent d’autres chantent, c’est chouette, simple et bon enfant, ça rappelle un peu les repas de quartier.
Ione nous emmène faire un tour dans la favela, récemment pacifiée.
Ici une place dédiée à Renée Delorme, religieuse française qui a consacré sa vie à améliorer la santé et l’éducation dans certains quartiers défavorisés, comme à Chapeu Mangueira.
Non loin, même si les compteurs électriques sont maintenant modernes, individuels et scellés -pour éviter tout branchement pirate- les égouts continuent d’être à ciel ouvert. Est-ce que les candidats aux prochaines élections d’octobre ont prévu quelquechose??
Le soleil n’est pas au rendez-vous, nous essayons de profiter quand même un peu de la vue. Les favelas de Rio se trouvant sur des collines, on a parfois un panorama qui pourrait faire concurrence à certains points touristiques, ou du moins un point de vue différent de la ville.
La balade en question a eu lieu il y a 2 semaines. Oui, je sais, je ne suis pas très rapide…







